Jeanne de Causse 1740 01

 

 

J'aime avoir un ouvrage de vacances.

Cette année, ce fut ce marquoir :

Jeanne de Causse, 1740

 

Ce n'est pas un modèle spectaculaire, c'est vrai.

C'est même un modèle austère, avec ce long texte.

  

"Fait par moy Jeanne de Causse, 

pentionaire au couvent de Sainte Ursule

recomandée à ma cousine de Saint Just à Béziers ce 8 Octobre 1740.

Mon chère père, ma chère mère, et ma chère tante

voicy un caractère nouveau qui vous pourra paroistre beau

m'en servant pour vous asseurer qu'en tout lieu je vous veux aimer.

Jeanne de Causse.

Jésus, Marie, Joseph assisté moy si vous pleit.

Mon Dieu je vous aime de tout mon cœur. Faites moy la grâce de vous

aimer parfaitement tout le tems de ma vie"

 

 

J'avais vu l'original il y a déjà quelques temps,

 

Jeanne de Causse 1740 02

 

 

et ce fut une évidence : je devais le redessiner et le broder.

 

D'abord parce que, contrairement à beaucoup de pays,

l'histoire des marquoirs a commencé tard en France,

alors un marquoir de 1740, c'est rare et précieux :

  

Jeanne de Causse 1740 05

 

  

Parce que c'est un plaisir de broder la douce musique de ce français ancien.

 

Mais surtout à cause de la force et la puissance

qui se dégage de cette humble toile brodée,

cette lettre, cette tranche de vie, cette foi d'enfant.

 

 

Jeanne de Causse 1740 06

 

 

 

La force de ces quelques croix brodées qui permettent de traverser le temps,

qui font que 300 ans plus tard, d'autres brodeuses vont broder les mêmes croix,

les mêmes lettres, et se souvenir ainsi de Jeanne de Causse,

religieuse à l'hopital de Béziers. 

 

 

Jeanne de Causse 1740 04

 

 

Grâce à un site de généalogie en ligne je pense avoir retrouvé sa trace,

même s'il me faudrait prendre le temps de mieux consulter les registres

.... mais pas facile à lire les registres de 1730 !

Jeanne est née en 1731, à Béziers.

Son père François était capitaine d'infanterie et de garde-côtes,

il s'était marié à Anne Salvanihac, dont il eu trois enfants,

Jeanne d'abord, puis Joseph François et Anne Perrine.

La tante dont parle Jeanne est sans doute

la soeur de son père, Françoise, 

 mariée à François de Sandres, seigneur de Saint Just. 

 

 

Jeanne de Causse 1740 07

 

 

Le marquoir de Jeanne devait être entièrement brodé en bleu,

un bleu très décoloré par endroit.

 

J'ai hésité à le broder comme le marquoir original.

Mais finalement je suis restée fidèle à la première image que j'ai eue de ce  marquoir,

celle qui m'a fait tomber sous son charme,

alors j'ai essayé de garder l'esprit de ces décolorations

en mélangeant trois bleus, en 1/2 sur une toile 15 fils.

 

 

Jeanne de Causse 1740 03

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