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Mon oncle a eu a gentillesse de me prêter pendant quelques temps

 le marquoir d'Aline.

 Le temps de recopier la grille afin de la broder un jour.

  

C'est un des rares marquoirs, sinon le seul, que je ferai encadrer quand je l'aurai brodé.

Car Aline est très chère à mon coeur,

c'était ma grand mère.

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Comme sur tout marquoir rouge qui se respecte, on y trouve un alphabet complet, les chiffres, des croix, une ancre marine.

 

Et puis des alphabets incomplets, mais très décoratifs.

 

Pourquoi certaines lettres et pas d'autres ?

 

 

 

Le choix de ces lettres n'est pas le fait du hasard quand on connaît la petite brodeuse qui avait 9 ans à l'époque.

Elle a brodé les initiales de sa famille :

 le A d'Aline bien sûr,

mais aussi ceux de ses parents, de ses frères et soeurs,  

et même le nom de jeune fille de sa mère.

 

Quatre lettres cependant sortent de ce cadre :  B D J et  C

pourquoi ces lettres ?

 En tout cas avec les deux dernières lettres,

il est amusant de se dire que la petite Aline de 9 ans a, sans le savoir,

regroupé sur ce marquoir toutes les initiales des membres de la famille qu'elle allait fonder.

 

C pour le prénom et le nom se son mari.

A J L et M pour ses 4 enfants.

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 On lit souvent que les petites filles étaient obligées de broder ces marquoirs sous la contrainte,

et certaines d'entre vous ont peut être de mauvais souvenirs de leurs travaux d'aiguille à l'école.

 

 Tout ce que je peux vous dire, c'est que la petit Aline a aimé broder ce marquoir.

 Mais à la campagne, une jeune fille avait  d'autres taches jugées plus utiles que les travaux d'aiguilles décoratifs.

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Vous voyez ce paquet de revues d'ouvrages de dames si abîmées ?

  C'était le trésor de la jeune Aline.

 Comment se l'était-elle procuré, je l'ignore, j'aurais du lui demander.

En tout cas elle me racontait souvent qu'elle aimait bien qu'on l'envoie garder les vaches dans les prés, car elle pouvait alors emporter son trésor en cachette et le feuilleter tranquillement en rêvant à tout ces belles choses qu'elle aurait pû créer de ses doigts.

  

Ce n'est qu'à sa retraite qu'Aline a repris l'aiguille pour broder,

mais croyez moi, elle a largement rattrapé le temps perdu 

 

Ce paquet de vieux journaux qui tombent en lambeau,

elle l'a toujours gardé précieusement,

Malgré mon insistance , il n'était pas question qu'elle s'en sépare :

"tu  l'auras quand je serai plus là !".

Elle n'est plus là, mais croyez bien que son trésor,

je le garde avec autant d'amour et d'émotion qu'elle.